Le blog escort girl de Sexy Chanelle
Entre trombones et coulisses

Prostitution : la vogue des sex tours (France Soir)

     Publié le mer 23/03/2011 par Sexy Chanelle

France Soir 23/03/2011

Le phénomène est en pleine expansion : des réseaux organisent des véritables tours de France de la prostitution, via Internet.

Les « sex tours » essaiment sur tout le territoire

« Sexy latine, 23 ans, sur Marseille pour une semaine », « Natty, belle brune de passage à Reims », « Rebecca, de retour à Toulouse ». Sur ces sites spécialisés dans les petites annonces, elles monopolisent la rubrique « massages ». Mais personne n’est dupe, il s’agit bien là de professionnelles du sexe aux relations tarifées. Ces prostituées issues des pays de l’Est et d’Amérique du Sud se sont lancées dans un véritable tour de France, passant de ville en ville et d’hôtel en hôtel, ne restant guère plus de trois jours au même endroit. Les policiers spécialisés parlent de « sex tour » ou « city tour », un phénomène apparu voilà trois ans et qui a maintenant « tendance à se généraliser et à s’amplifier », concède le commandant Patrick Cotel de l’Office central pour la répression du trafic des êtres humains (OCRTEH).

Le mois dernier, à Marseille, c’est un réseau brésilien qui est tombé. L’automne dernier, un autre, roumain, était démantelé à Strasbourg tandis qu’à Paris, c’est un réseau brésilien que les enquêteurs avaient mis au jour. Les « sex tours » essaiment sur tout le territoire. « Même les petites villes sont touchées, précise le commandant Costel. Nous avons même eu des cas à Brive-la-Gaillarde ! »

« Il suffit de taper escort sur Internet »

Il existerait deux types de « sex tours ». Le premier, via des sites internes dédiés, est une spécialité des pays de l’Est : Russes, Baltes, Ukrainiennes, Biélorusses ou Roumaines. Leur terrain de prédilection : des « hôtels de moyenne gamme, voire haute gamme : Ibis, Mercure, Sofitel », précise la police. « Il suffit de taper escort sur Internet, et vous en avez des milliers. On a les tarifs et l’agenda de chaque fille, avec les dates et les villes où elles se trouvent. Leur agenda est découpé en tranche horaire d’une heure ou deux. La prise de rendez-vous se fait uniquement par messagerie via des numéros de téléphone basés à l’étranger. La confirmation se fait par SMS et le lieu de rendez-vous est donné une heure avant. » Un casse-tête pour les enquêteurs, confrontés à des proxénètes basés à l’étranger, hors Union européenne, et qui rapatrient l’argent par mandats cash internationaux.

Le deuxième système de « sex tour » identifié est dominé par les Sud-Américaines et « monte en puissance ». Il se déroule également à l’hôtel mais détourne des sites Internet de petites annonces.

A Marseille, par exemple, un chauffeur de taxi indique qu’« il faut regarder sur Vivastreet ». Ce site généraliste est littéralement débordé. « Il y a deux ans, son responsable est venu nous voir, rapporte un policier. Il n’arrivait plus à canaliser le phénomène. Il retrouvait des petites annonces de prostituées un peu partout, jusqu’à la rubrique baby-sitting ! Depuis, il a mis en place un système de modération, mais a encore du mal à canaliser le flux. »

Ces annonces, avec photos et mensurations, sont gérées par des proxénètes qui disposent d’un véritable « secrétariat ». « La structure organise les voyages, réserve les billets et fait aussi standard avec prise de rendez-vous », reprend le commandant Cotel. Quant à la « prestation », c’est-à-dire la passe, en langage policier, elle tourne autour de 100 € la demi-heure et 200 € l’heure. Un tarif « intermédiaire » puisque les « filles de l’Est » demandent jusqu’à 300 € de l’heure.

Une pour dormir, une pour les passes

« Très souvent elles descendent par deux à l’hôtel, pour des raisons de sécurité. Elles prennent deux chambres : une pour dormir et une pour les passes. Chacune a son ordinateur. » Pour autant, les policiers l’affirment, il n’y aurait pas de complicités dans les hôtels, hormis cas isolés. « Les hôteliers sont victimes. Nous leur demandons d’êtres vigilants, mais ils ne peuvent pas refuser une chambre comme ça : ils doivent établir une suspicion de prostitution. » René-Georges Querry, directeur de la sécurité du groupe Accor, explique ainsi que le groupe s’« engage à lutter contre le tourisme sexuel. Des jeunes femmes peuvent chercher à séjourner plusieurs jours dans les hôtels, sans avoir l’allure de prostituée. C’est à nous de les détecter sans commettre d’erreur. S’il apparaît qu’une personne reçoit des clients, nous lui demandons de quitter l’hôtel sur le champ ». Toutefois, de l’avis des professionnels, le phénomène reste difficile à détecter.

Prostitution sur Internet : ce que dit la loi

Elle s’appelle A., a 29 ans, et propose des massages à Paris XIIIe sur le site Vivastreet. Un numéro de téléphone portable est indiqué. Nous l’appelons. A. précise ses « conditions ». Sans équivoque : « Echange de caresses, pénétration vaginale, un rapport de 30 à 40 minutes, 120 €. » Il n’a jamais été question de massages.

Quelle est alors la responsabilité de Vivastreet ou d’autres sites qui proposent des centaines de ces propositions de « masseuses » à travers la France et qui empoche entre 11,99 et 99,99 € selon la visibilité donnée à la petite annonce. L’article 225-5 du Code pénal est tout à fait clair : il prévoit que « le proxénétisme est le fait, par quiconque, de quelque manière que ce soit d’aider, d’assister ou de protéger la prostitution d’autrui ; de tirer profit de la prostitution d’autrui, d’en partager les produits ou de recevoir des subsides d’une personne se livrant habituellement à la prostitution ». Le proxénétisme est puni de sept ans d’emprisonnement et de 150.000 € d’amende. Et le texte s’applique aussi à celui qui « fait office d’intermédiaire entre deux personnes dont l’une se livre à la prostitution […] »

Dans les faits, le texte est peu voire pas appliqué. « Si on regarde la loi, le gestionnaire du site doit être poursuivi, en application du texte sur le racolage sur Internet, lâche un policier. Mais dans la réalité, les magistrats ne l’appliquent pas. Il faudrait sans doute avoir une réflexion globale sur la question et se demander s’il faut l’étendre systématiquement au racolage sur Internet. »

Source : France Soir

 
Classé dans Faits Divers Laisser un commentaire »